Avec un petit crochet par le château de Sanzay, un temps conté, nous apprenons qu’un grimoire a été retrouvé dans la propriété. Ce lieu est devenu un lieu associatif, collaboratif, solidaire et plein de créativité.


Pour l’équipe du FAT, direction Boucoeur, situé entre le Bocage Bressuirais et les grandes plaines céréalières sur le Thouarsais et l’Airvauldais.
Nous découvrons un territoire riche en initiatives, portées par de nombreux acteurs locaux. Le terrain de la Chapelle de Boucoeur abrite le village, pour cette 24ème étape. Nous avons aussi eu la chance d’avoir Xavier Mathias pour deux formations en permaculture.


Au petit matin, nous sommes embaumés par les vignes. Les déjeuners et dîners sous les tilleuls, ont rythmé nos journées. On se délecte au goûter avec les cookies façonnés à l’aube par la Fat’boulange et des pitas le dernier soir. Le marché de producteurs nous a proposé de beaux produits, locaux et bio; du chèvre à l’apiculteur, à point pour des apéros aux bords de l’eau.
Nous découvrons la commune de Thouars, en surplombant la ville, depuis le château des ducs de La Trémoille.


Après deux soirées à se déhancher avec Vicious Steel et Cirque 13, nous garderons à l’esprit ces rencontres toujours aussi riches que stimulantes et cette énergie humaine, comme avec la compagnie un Grain, un spectacle de cirque contemporain.

Dominique Paquerot s’installe en 1981 sur les terres familiales, et les maintiendera en grandes cultures conventionnelles jusqu’en 2011. Les moissons se succèdent, l’exploitation se déploie, mais les marges se dérobent à mesure que s’allonge la liste des produits phytosanitaires devenus indispensables aux méthodes culturales dominantes : « 20 à 30 produits différents, 3 ou 4 traitements systématiques par an et par culture. Voilà le pourquoi de mon passage au bio ».


Conquis par la transition engagée par son père, Paquerot Junior envisage avec enthousiasme la reprise de l’exploitation, en y accolant – pourquoi pas ! – une meunerie : « les débouchés ne manquent pas dans la région »


À Saint Varent, le GAEC de La Ferme Dumoulin, ferme familiale en polyculture – élevage (de blondes d’Aquitaine), c’est la recherche d’autonomie qui a motivé la conversion au bio il y a 5 ans : « mon grand-père, comme mon père, ont toujours eu ce bon sens. Ils ont traversé sans heurt les crises agricoles ». Pour atteindre cette résilience, il s’agit pour le fermier d’emprunter peu, et de favoriser tous les circuits fermés de matière sur la ferme.


Au GAEC les deux rivières, c’est une exploitation bio de 140 chèvres, sur 45 hectares, dont une quinzaine en pâturage, que nous découvrons. Les 3 associés produisent fromage et poulet, depuis 2009. Cela présentait uniquement des avantages à leurs yeux, humainement et économiquement, dans une volonté d’auto-suffisance. Ils tablent pour l’utilisation d’huiles essentielles pour guérir les maux de leurs bêtes.


En pénétrant dans le laboratoire, nous découvrons les fromages, en devenir. Après les multiples étapes techniques et rigoureuses de fabrication du fromage, dont l’emprésurage est la première, l’affinage est la finale. Du frais au sec, les fromages s’épanouissement au fur et à mesure des jours dans une robe de plus en plus voluptueuse, grisée ou non selon l’utilisation de charbon végétal, dans la lignée de la tradition. Leurs fromages et yaourts sont distribués dans un périmètre proche, dans des gîtes, Biocoop. Nous avons fini par une douce dégustation qui a ravi nos palais.


Le magasin de producteurs Pot’é bio conclue notre périple à Boucoeur. Il porte bien son nom lorsque l’on découvre cette bande de producteurs devenus copains et complices. Ils nous racontent qu’ils ont vu croître un engouement certain pour le bio, et “ça fait l’effet boule de neige”. Depuis le début de cette aventure, c’est un vrai climat de confiance et c’est une sacrée aventure humaine.


Arthur Grimonpont et Eléonore Grignon pour Fermes d’Avenir